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samedi 28 mars 2020

Terre II

Un monde parallèle

Il existerait un monde où les Hommes ne seraient pas tous des individualistes mal polis. Il existerait un monde qui rirait de nos exploits en matière de destruction. Ou en pleurerait, peut-être. Notre situation ici-bas pourrait leur paraître tant comique que dramatique.
Dans ce monde, ils ont toujours su se serrer les coudes et travailler ensemble pour construire un truc chouette et vivre dedans. On y trouve des choses utiles, de la bouffe simple mais saine, un peuple éclairé et pacifique, une médecine très poussée et une technologie au service de l'humanité.

Tout ça remonte à la chute de l'ancien régime, en 1789, quand les bourgeois ont essayé de s'accaparer le pouvoir. Les paysans, en première ligne pour entraîner la chute de la monarchie, se sont souvenu des longues périodes de famine et de misère, quand ces bourgeois les tenaient par le marchandage et l'usure.
Le coup a manqué! L'échec du bourgeois est retentissant et des têtes tombent. Les rescapés de cette hécatombe cèdent leurs propriétés et leur fortune et deviennent les égaux de tous les autres. Et ce peuple s'organise. Qui bat monnaie, qui alimente, qui construit... Et le peuple fait tout ensemble depuis.

Demandez-leur! Qu'est ce que le chômage? Qu'est ce que l'inflation? Qu'est ce que la bourse? Ils n'en ont aucune idée. Ils n'ont jamais eu besoin de recourir à ces choses-là.
Le chômage n'existe pas. La production rend les besoins essentiels accessibles à tous. Les machines, au service de l'humanité, sont très efficaces pour libérer l'Homme. Le reste du travail humain est réparti équitablement, au même titre que les richesses produites. Chacun dispose de ce dont il a besoin. Non, le chômage n'existe pas. Il est remplacé par le temps que l'on passe avec ses proches.
L'inflation, ils ne connaissent pas non plus. Ce truc là révèle les failles d'une monnaie dont la valeur dépend de sa quantité, ou plutôt de sa rareté. Dans un monde où la valeur de la monnaie dépend entièrement de ceux qui l'utilisent et de ce qu'ils produisent, où l'accumulation de richesses et inutile, où la production correspond à un besoin réel, il n'y a pas d'inflation. Le mot n'est pas pensable.
La bourse? Ah, le marché aux légumes, peut-être? La bourse telle qu'on la connaît chez nous n'a pas lieu d'être là-bas. On n'a aucun besoin d'espérer le malheur des gens pour gagner davantage de richesse. On a déjà tout ce qu'il faut. Pourquoi en vouloir plus? Vouloir quoi de plus? Ça n'a aucun sens!

Ce monde là on l'a loupé. Je suis parti de la révolution française mais on pourrait imaginer un changement à une autre époque, pour un autre évènement. On peut même partir de maintenant. Ce qu'il faut c'est une prise de conscience collective et complète. Prendre conscience qu'on nous a bien pris pour des cons pendant des siècles. Prendre conscience qu'on nous prend pour des cons parce que, tout simplement, on est cons. Cons de se laisser prendre aux pièges, cons de ne pas avoir pour certitude que personne ne peut être moins qu'un autre. Prendre conscience de tout ce que l'humanité pourrait construire dans l'unité plutôt que dans la division.
Ce cirque risque de continuer longtemps. Le pouvoir en place fait mine de nous instruire quand il ne fait que nous éduquerau nombrilisme et à la compétition malsaine. Il fait de nous des moutons dociles et on ne voit toujours rien. Et ça marche!

Et les gens ne se sentent pas capables. Ils ne se sentent pas à la hauteur, disent-ils. Non monsieur, je n'y connais rien. Nos élus sont là pour ça! Confirmation involontaire de l'abdication générale. Alors ça piaille et refait le monde, le coude sur le zinc, et ça accuse les autres des pires choses. Une assemblée tirée au sort? Mais on risque une grande proportion de cons!, Avec une salaire à vie, je travaillerais. Mon voisin? Certainement pas!. Ah les immigrés! Ils viennent profiter de nous!. Chacun sa merde!. J'en ai d'autres, des comme ça...

Alors ce monde parallèle s'éloigne à mesure qu'on s'enfonce dans la médiocrité. Tous les évènements qui pourraient nous en rapprocher se finissent par la confirmation de notre connerie, collective comme individuelle. Ah c'est sûr! Quand on est nombreux on fait de belles choses; surtout dans la connerie. C'est ça notre truc à nous, les êtres humains. C'est même ce qui nous différencie le plus de l'animal, quand on y réfléchit! Seulement voilà, ça demande un réflexion. C'est déjà trop difficile.

S'il y a de l'espoir, ça ne dépend que de tout le monde. C'est tout...


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