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dimanche 19 janvier 2020

L'embauche

Proposer son savoir-faire dans un collectif.

Nous sommes ici dans le contexte du projet du salaire à la qualification proposé par le réseau-salariat et Bernard Friot.
Pour résumer, on serait dans une situation où les entreprises, libérées de propriétaires lucratifs, fonctionneraient en autogestion. Ce seraient les salariés, copropriétaires de leurs moyens de production, qui décideraient collectivement de ce qu'ils produisent et comment ils produisent. Les bénéfices dégagés de la production participeraient pour une part à alimenter une caisse centrale des salaires, et d'autre part à une caisse d'investissement. Chacun percevrait, par la caisse des salaires, un salaire à vie, dès la majorité, par rapport à sa qualification personnelle.

Dans ce cas, l'entreprise n'a plus à se soucier du montant des salaires. Il lui faut la rentabilité suffisante pour cotiser et, pour assurer cette rentabilité, rien de mieux que de faire appel à des salariés qualifiés qui augmenteront la qualité, et donc la valeur économique, de ce qui est produit.

Dans ces circonstances, on peut facilement imaginer les facilités pour trouver du boulot!

Début de carrière

À l'heure actuelle, c'est plutôt difficile de trouver un boulot quand on n'a pas d'expérience. Elle s’acquière en travaillant. Pas de travail, pas d'expérience. Pas d'expérience, pas de travail. C'est un cercle vicieux...
Les dirigeants, qui jouent le jeu du capitalisme, inventent toujours tout un tas de fausses solutions pour l'embauche des jeunes qui ne font que prolonger dans le temps une situation précaire tant pour le statut des jeunes travailleurs que pour leur salaire.

Avec ce projet de salaire à vie, on sortirait enfin de ce cercle vicieux. Les salaires étant versés par une caisse centrale dédiée, débuter sa carrière professionnelle ne dépend plus de la décision arbitraire d'un employeur face au manque d'expérience. Les jeunes auraient le temps de trouver le métier qui leur plaît.

Puisque le salaire à vie est prévu pour toute personne dès la majorité, le niveau de qualification serait au plus bas.
La certification n'étant pas exactement une qualification, les jeunes diplômés prétendant à un niveau de qualification plus élevés (médecins, avocats, ingénieurs...) passeraient par une petite période de travail (6 mois? Un an?) et valideront rapidement leur expérience par un examen pratique.
Certains de ces diplômés, comme les internes dans les hôpitaux, pourraient valider leurs acquis en même temps que les épreuves du diplôme, ce qui leur fera gagner du temps.
Les élèves en alternance pourraient aussi bénéficier des acquis obtenus pendant leur formation. On pourrait éventuellement envisager que l'âge légal pour toucher le salaire à vie, même partiel, soit adapté aux circonstances.

Salariés expérimentés

Ici, fini le soucis de n'être payé qu'à la rentabilité, que ce soit par le temps de travail ou la charge grandissante des tâches. Une fois le niveau de qualification validé, le salaire correspondant est versé et ne pourrait que progresser, même s'il l'on peut imaginer que dans de rares cas (paresse, passivité, faute grave...), il puisse stagner voire se réduire.
Quand une entreprise cherche du personnel qualifié pour sa production, le salaire correspondant à la qualification demandée n'est plus un frein à l'embauche.

Les salariés et l'entreprise

Quand un salarié arrive dans une entreprise, il devient automatiquement copropriétaire des moyens de production. Il participe aux décisions par un fonctionnement démocratique. Sa qualification augmente au gré de son ancienneté et des formations qu'il a pu suivre. S'il décide de partir, en accord avec les autres salariés, il n'est plus copropriétaire de l'entrepirse mais ne perd ni sa qualification, ni le salaire correspondant.

Le travail indépendant

Dans ce cas précis, un travailleur indépendant devrait déclarer son activité. Plutôt que de se payer un salaire sur les revenus de son activité, il cotisera lui aussi à la caisse centrale. Du coup, il n'aura plus à payer des impôts sur le revenu sur ce qu'il aura péniblement gagné et sa rémunération correspondra à sa qualification. Celle-ci pourra monter s'il en fait la demande. C'est encore un jury citoyen qui décidera de cette progression en fonction de l'activité, des progrès réalisés et de tout ce qui pourra justifier cette demande.

Pour conclure

La grosse différence, c'est qu'on ne serait plus en "demande d'emploi" mais en offre de service. On pourrait développer notre savoir-faire et même, pourquoi pas, mettre en valeur nos activités en dehors du travail.
La subordination disparaîtrait au profit d'une entente collective, d'une maîtrise de la production et d'une répartition efficace des richesses sans que des parasites pleins de pognon ne puissent s'accaparer les bénéfices aux dépens des vrais producteurs.

Vala vala @ Ciao

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